La FSSS-CSN arrache une entente de principe au gouvernement Couillard

Source: FSSS-CSN

La semaine dernière, nous étions rassemblés pour réagir à l’entente de principe intervenue avec le gouvernement Couillard le mardi 8 mars dernier. Les 500 délégué-es ont jugé que cette entente devait être recommandée et nos assemblées se prononceront dans les prochaines semaines.

Cette entente, bien qu’elle ne réponde pas aux demandes initiales des travailleuses et travailleurs du réseau de santé et de services sociaux, est une étape importante dans la reconfiguration de la lutte syndicale que la FSSS et la CSN ont réussi à arracher à ce gouvernement.

Un gouvernement qui nous a sous-estimés

Cette entente de principe, elle ne nous a pas été donnée par un gouvernement soucieux d’assurer de bonnes conditions de travail au personnel dévoué du secteur public. Nous l’avons arraché grâce au rejet de l’entente de principe du front commun lors des assemblées générales dans nos syndicats!

À plus d’une reprise, le gouvernement Couillard a sous-estimé la FSSS-CSN dans cette négociation. En décembre dernier, il était persuadé que nous recommanderions l’entente de principe. Il s’était trompé. Il a ensuite cru que nos délégué-es nous ramènerait à l’ordre. Encore une fois, il s’est trompé. Il a alors pensé que les 110 000 travailleuses et travailleurs du secteur public que nous représentons voteraient pour l’entente de principe. Une autre erreur de sa part.

C’est fort de ce mandat de poursuivre la négociation que nous avons tenté de relancer les discussions avec le gouvernement. Fidèle à lui-même, il a poursuivi sa stratégie revancharde en nous imposant, par la voie des médias, un ultimatum. Il pensait une fois de plus que nous plierions l’échine.

Nous en avons plutôt profité pour lui arracher des gains pour les travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Rappelons que le gouvernement disait sans cesse sur la place publique « pas un sou de plus pour la FSSS-CSN ».

Un gouvernement qui bafoue le droit des femmes

Dans cette négociation, le gouvernement Couillard voulait à tout prix économiser sur le dos des femmes, en mettant derrière lui plusieurs plaintes de maintien de l’équité salariale. Venant d’un gouvernement qui promeut un programme d’austérité qui s’attaque principalement aux femmes, il n’y a rien là pour nous surprendre.

Le gouvernement a choisi de jouer la division dans ce dossier. Malheureusement, il a trouvé preneur. Une organisation syndicale a choisi de jouer le jeu de ce gouvernement et de régler à rabais les plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010. Cette négociation nous a réservé plusieurs surprises, nous démontrant à quel point ce gouvernement est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Et tant pis si des milliers de professionnel-les en soins devront se passer de près de huit ans de rétroactivité.

Ce précédent est lourd de conséquences. Il est évident qu’à partir de maintenant, les gouvernements vont toujours vouloir mêler le dossier de l’équité salariale dans notre négociation. C’est la nouvelle stratégie qu’ils ont trouvée pour bafouer les droits des travailleuses et travailleurs du secteur public.

L’intransigeance du gouvernement est sans limites. Il a placé la FSSS-CSN devant un choix déchirant : c’était le retrait des plaintes de maintien de l’équité salariale pour les professionnel-les en soins ou la loi spéciale.

C’est une erreur de lier le dossier de l’équité salariale à celui de la négociation parce que c’est tout à fait contraire à l’esprit de la loi. Nous allons prendre les moyens nécessaires pour assurer qu’aucun gouvernement ne puisse agir de la sorte à l’avenir.

Une étape dans la lutte pour un meilleur partage de la richesse

Cette négociation n’aura certainement pas permis de régler tous les problèmes dans le réseau de la santé et des services sociaux. Par contre, notre détermination nous a permis de faire des gains dans la lutte que nous poursuivrons pour un meilleur partage de la richesse. Et cette lutte doit se poursuivre!

C’est en ce sens que nous devons continuer de nous mobiliser dans les prochaines semaines pour défendre plus que jamais le réseau public de santé et de services sociaux.

 

Jeff Begley

Publicités